« J’ai acheté 60 €, revendu 90 €, donc 30 € de marge », c’est le calcul le plus courant, et c’est presque toujours faux, ou du moins incomplet. La vraie rentabilité d’un achat-revente se calcule en comptant tout ce qui grignote la marge apparente.
La formule de base
Marge nette = prix de revente − prix d’achat − frais de revente − temps passé valorisé (si on veut être rigoureux) − risque (objet non conforme, invendu). Les deux premiers termes sont évidents ; ce sont les suivants que la plupart des débutants oublient.
Les frais souvent oubliés
- La commission de la plateforme utilisée pour revendre, si elle diffère de LeBonCoin (certains vendeurs passent par plusieurs plateformes selon la catégorie).
- Le déplacement pour récupérer l’objet en main propre, carburant, temps, parfois péage, qui pèse davantage sur un petit montant que sur un gros.
- L’emballage et l’envoi, si la revente se fait en livraison plutôt qu’en main propre.
- Le risque de mévente : un objet qui reste plusieurs semaines sans acheteur immobilise de l’argent et pousse parfois à revendre finalement en dessous de la cible.
Un exemple chiffré
Un objet acheté 60 €, revendu 90 € : marge brute de 30 €. Avec 20 minutes de trajet aller-retour pour le récupérer (essence + temps) et une petite marge de sécurité pour l’incertitude de revente, la marge réelle tourne plus souvent autour de 20-25 € que des 30 € affichés au premier calcul. Ce n’est pas une mauvaise affaire pour autant, c’est juste le vrai chiffre, celui qui permet de comparer deux opportunités sur une base honnête.
Le seuil de rentabilité qui a du sens
Une marge brute de 15-20 % suffit rarement à couvrir tous les frais annexes sur un petit montant. Beaucoup d’acheteurs-revendeurs expérimentés visent plutôt un écart de 40 % ou plus par rapport au prix de marché avant de considérer qu’il reste une marge confortable une fois tous les frais comptés.
Questions fréquentes
Faut-il compter son temps dans le calcul de marge ?
Ça dépend de l’objectif. Pour un usage occasionnel, la plupart des gens ne le comptent pas rigoureusement. Pour une activité régulière, valoriser son temps évite de sous-estimer le coût réel d’une activité qui paraît rentable sur le papier mais prend beaucoup d’heures.
Quelle marge minimale viser pour débuter ?
Il n’existe pas de seuil universel, ça dépend de la catégorie, du montant en jeu et de la tolérance au risque. Viser une marge confortable dès le départ (plutôt qu’une marge juste au-dessus du seuil de rentabilité) laisse une vraie marge d’erreur pour débuter.
Pour repérer les annonces sous-cotées avant tout le monde, direction le guide sur les bonnes affaires.